Kongo (bambara) / La faim dans le monde

 

kongo

-  Kami, i tè kili da
-  N’tè kili da, wolo ma kili da

-  Wolo, i tè kili da
-  N’tè kili da, bin ma nuku

-   Bin, i tè nuku
-   N’tè nuku, san ma na kan

-   San, i tè na
-   N’tè na, néré ma féré

-   Néré, i tè féré
-   N’tè féré sola bè nboléna

-   Sola, i tè taa
-   N’tè taa, wulu bè n’ju koro
-  
-   Wulu, i tè taa
-   N’tè taa, n’tigi m’a wélé
-  
-   Tigi, i t’a wele
-   N’t’a wele, to ma moon ba
-  
-   To, I tè moon
-   N’tè moon, dogo tè koro
-  
-   Dogo, I tè na
-   N’tè na, jele ma tigè
-  
-   Jele, I t’a tigè
-   N’ta tigè, numu ma da gèn
-  
-   Numu, it’a da gèn
-   N’ta da gèn, kongo bè n’nukuro
-  
-   Kongo, i tè taa
-   N’tè taa ka dunyaba tô to.

La faim dans le monde
(poème d’enfants ruraux)

Traduction

-   Pintade, ponds tes œufs
-   Je ne ponds pas mais œufs parce que la perdrix n’a pas pondu ses œufs

-   Perdrix, ponds tes œufs
-   Je ne ponds pas mes œufs parce que les herbes n’ont pas poussé
-  
-   Herbes, poussez !
-   Nous ne poussons pas parce que la pluie n’est pas tombée.

-   Pluie, tombe !
-   Je ne tombe pas parce que le néré n’a pas fleuri !

-   Néré, pousse tes fleurs !
-   Je ne pousse pas mes fleurs parce que le singe attend dans mes branches

-   Singe, descends du néré !
-   Je ne descends pas parce que le chien m’attend au sol !

-   Chien, déguerpis !
-   Je ne m’en vais pas parce que mon maître ne m’a pas appelé.

-   Maître, appelle ton chien !
-   Je n’appelle pas mon chien parce que le repas n’est pas prêt !

-   Repas, sois prêt !
-   Je ne peux pas être prêt parce qu’il n’ y a pas de bois sous la marmite !

-   Bois de chauffe, viens sous la marmite !
-   Je ne viens pas sous la marmite parce que la hache ne m’a pas coupé.

-   Hache, coupe le bois !
-   Je ne peux pas coupé le bois parce que le forgeron ne m’a pas effilé !

-   Forgeron, effile la hache !
-   Je n’effile pas la hache parce que j’ai la faim dans le ventre !

-   Faim, laisse le forgeron et va-t-en du ventre du forgeron !
-   Je ne m’en irai pas tant que j’en n’aurai pas fini avec le grand monde !