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Maison nomade de Poésie

Maison nomade de poésie

La poésie doit aussi trouver sa place dans la rue

Le titre de ce projet <Maison « nomade » de poésie> reflète l’esprit d’une démarche : il ne s’agit pas de créer un nouveau lieu culturel à faire vivre au détriment de l’existant, mais de donner au contraire la possibilité de faire vivre la poésie sur le territoire – les territoires.

Ce projet prend forme en 2007 en Picardie, mais les éléments qu’il permettra de rassembler peuvent bien sûr trouver leur place en d’autres lieux de France ou d’autres pays.

Projet ouvert donc a toutes suggestions et souhaits d’échanges.

L’origine et le sens d’une démarche

L’association Lignes d’écritures est engagée depuis de nombreuses années dans des actions de mise en relation de la création (poétique notamment) avec la société globale. Le présent projet est né du constat d’un certain déséquilibre : alors que les arts visuels ont acquis une certaine reconnaissance dans le système politico-culturel d’aujourd’hui, le regard est moins porté sur les poètes. Les animateurs culturels ou pédagogues expriment même souvent une difficulté dans l’approche de cet univers de la parole qu’est la poésie (« parole »= rapport vivant à la langue, dans toute ses dimensions).

On se plait à dire qu’il faut écouter les jeunes : on a du mal à les écouter lorsqu’ils parlent et « slament » (une tournée de « Grand Corps malade » — aux textes très intéressants et créatifs — ne doit pas cacher la forêt).

On se plait à vouloir établir des liens entre les quartiers et la culture. Mais les murs d’images ou le hip hop ne sont pas la seule manière de s’y prendre. Que fait-on là encore de la parole ?

La lutte contre l’illettrisme ne doit pas être la seule voie d’accès à l’écoute des paroles et des écritures dans des actions publiques en milieu populaire. Car situer dans ce cadre l’approche de pratiques artistiques s’est enfermer « l’autre » dans un univers bien étroit. Tout homme en effet a un rapport esthétique au monde, quelle que soit sa situation sociale. La création verbale est permanente en tout milieu, les directeurs des grands dictionnaires – tels Alain Rey – le rappellent sans cesse et l’usage que font de certaines démarches artistiques les publicitaires et responsables marketing le montre aussi.

Alors pourquoi une certaine crainte dans les milieux culturels ?

Pourquoi le ministère de la Culture lorsqu’il s’aventure dans le « social » » préfère-t-il parler « d’illettrime » que de « développement culturel », pourquoi Jeunesse et Sports oublie « l’éducation populaire » pour s’engager dans la lutte conre l’illettrisme » ?

A partir de ces quelques réflexions (que nous pourrons approfondir) nous proposons une mise en pratique artistique qui parte de l’univers des poètes d’aujourd’hui. Sans refus de l’univers des poètes d’hier : nous voulons simplement dire que la poésie est « vivante ». Le mot « poésie » est certes d’un usage courant mais au sens où dans le langage quotidien tout devient « poétique » alors qu’on reconnaît difficilement la poésie là où elle naît (chez les poètes !), la poésie qui n’est pas « cerise sur le gâteau » ajoutée à une commémoration, mais prise en compte de l’univers par les mots. Une galerie parisienne s’est ouverte depuis trois ans sous le nom de « Musée des Arts derniers ». Si l’on retire la provocation évidente de ce titre on y trouve une démarche fondamentale : les arts « derniers » sont à l’art ce que les « dernières nouvelles » sont à la presse. Ils en constituent la Une. Nous souhaitons donc que la poésie acquière cette dimension de Une dans son domaine, ce qui nécessite de la voir dans sa dimension nomade, dans son renouvellement permanent.

De nombreuses expériences ont vu le jour un peu partout en France et dans le monde qui montrent des perspectives dynamiques :

-* les « souffleurs de vers » pour l’oralité (initiatives venant des équipes de théâtres, des arts de la rue)
-* le « musée précaire » comme proposent les Laboratoires d’Aubervilliers (les poètes y ont leur place, poètes-vidéastes, poètes dans les espaces de la ville et les espaces domestiques,…)
-* les plaques-poèmes dispersées par exemple à Trois-Rivière (Québec, Canada), parallèllement aux plaques indicatrices des noms de rues, et portant haikus et autres textes courts.
-* les poèmes dans le métro parisien, dans celui de Montréal, dans les bus de Sao Paulo ou de Lisbonne, etc …
-* les sites naturels (espaces côtiers, parcs, bords de rivières,…) animés par des équipes poétiques (les éditions Clarisse et la maison de poésie de Haute Normandie à Dieppe travaillent sur cet axe)

Cette relation vivante à la poésie donne corps à la phrase célèbre d’Isidore Ducasse « la poésie doit être faite par tous » qui ne doit pas demeurer seulement comme sujet de dissertation.

Modalités d’interventions

Nous proposons une mise en pratique qui puisse toucher les villes et villages.
Dans ce mouvement se trouvent associés
-* des propositions-événements : passage d’un poète de service qui permet de réaliser des plaques-poèmes, des dazibaos, etc… Il propose seul ou avec la population, des textes mis ensuite en place dans la ville, avec intervention d’artistes locaux ou de créateurs invités par la maison nomade de poésie.
-* propositions-englobantes pouvant créer une perpsective dans la durée. Ainsi par exemple il peut s’agir de jouer sur :
-** la ville « francophone » (avec jumelages poétiques)
-** la « ville du vent » dans une région parcourue par les vents, où épouvantails, girouettes, cerf-volants, voiles, créateurs d’avions, … peuvent se mêler à l’écriture…
-** la ville « mémoire » qui souhaite mettre en valeur la richesse humaine comme patrimoine (plusieurs villes de la région parisienne comme Créteil ou Choisy le Roi ont engagé sur plusieurs années des dynamiques de ce genre).
-** La ville curieuse d’objets : les éléments naturels (pomme de terre,…) ou les productions, artisanales ou industrielle entrent en poésie (la poésie l’outil titrait naguère une exposition de l’association « Centre d’action poétique de la Somme, CAP 80, une des associations fondatrices des éditions Corps Puce)

Nous mettrons en ligne peu à peu la présentation des actions engagées sous cette dénomination de « Maison nomade de poésie ».
N’hésitez pas à nous contacter pour engager ou soutenir des projets allant dans cette dynamique.

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