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Susciter l’écriture au RWANDA

Après le génocide de 1994, on aurait dû assister à une « surproduction » d’écrits des Rwandais, mais ce ne fut le cas, quand on recense des œuvres écrites produites jusqu’à l’heure actuelle. Les œuvres littéraires à disposition des lecteurs proviennent, pour la plupart, des écrivains de l’extérieur. Dans ces circonstances, l’authenticité et la véracité ne sont toujours pas de mise : des omissions, des ajouts, des récits caricaturaux et polémiques peuvent se fondre dans l’œuvre par manque d’outils matériels ou d’informations suffisantes.

Sans aucune prise de position pour ou contre telle ou telle origine créatrice, il est évident que la parole de celui qui a vécu le drame, avant et après, sur le lieu même, a toujours un impact particulier dont ne rend pas compte le texte produit ailleurs.

Les raisons de la difficulté d’écriture au Rwanda par les Rwandais

L’écriture au Rwanda et par les Rwandais de l’intérieur n’a donc pas encore atteint un très haut niveau de production assurant une représentation significative des données historiques et culturelles nationales.

Plusieurs explications fondamentales peuvent expliquer cela :

-* L’écriture n’a jamais été considéré et développé à sa juste valeur depuis l’époque de la colonisation belge qui s’est d’ailleurs peu souciée de la promotion de l’éducation dans un petit pays sans ressources minières et pétrolières. On n’a donc acquis que depuis peu une certaine prise de conscience du rôle de l’écrivain dans une société qui reste à tradition orale.

-* Il se pose aussi une autre question : dans quelle langue écrire ? Est-ce en kinyarwanda, langue nationale et seule langue de communication de tous les Rwandais mais qui jouit d’un prestige sociopolitique inférieur à celui de ses partenaires : le français et- l’anglais ?
Faut-il alors écrire en français ou en anglais, deux langues étrangères qui ne sont comprises que par une infime minorité des rwandais (2% ou 3%), malgré le prestige politique dont ils jouissent?

-* La promotion de l’écriture est également handicapée par l’absence de maisons d’édition : la seule maison (Edition Bakame) qui existe au Rwanda et qui essaie de se spécialiser dans l’édition du livre de jeunesse, ne peut pas satisfaire à toutes les demandes.

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