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Littérature et engagement

Orientations générales et perspectives

Le poète, l’écrivain, le créateur, est témoin de son temps. Témoin et pas complice, comme le prouve la démarche que nous présentons ici.
Voici donc un tour d’horizon destiné à donner une visibilité de ce que nous faisons pour les années à venir, après la diffusion en Picardie, du spectacle Le Destin du clandestin, qui a été présenté en avril 2010, par une troupe du Sénégal (Bou Saana, de Ziguinchor en Casamance-Sénégal)
« Littérature et engagement » est un projet placé prioritairement sur un territoire, la Picardie, mais qui peut évidemment établir des liens avec d’autres territoires si des partenaires sont intéressés par le développement de nos actions.
Des perspectives nouvelles seront retenues et présentées en fonction des contacts, des propositions qui nous seront faites, des demandes des partenaires de terrain (en 2011 : rencontre avec Antoine Cassar et son recueil « Passeport », spectacle de Gorky/Pradal La promenade des éloignés, basé sur des témoignages de personnes qui sont passées par les centres de rétention.
Centre de ressources dans ce domaine, nous sommes ouverts à toutes perspectives concernant l’interculturel, les solidarités, la lutte contre les discriminations par la parole et l’écrit.

Le soutien aux Sans-papiers

Ce soutien « littéraire » passe par :

La collection Cent papiers des éditions Corps Puce Lignes d’écritures peut engager des projets culturels, rencontres, débats, animations avec jeunes et adultes, autour de cette collection.
Titres publiés
- Cent raisons cent proverbes pour soutenir les Sans-Papier (avec le collectif amiénois des Sans-Papier)
-  Où mettre ma jambe ? réalités angolaises, témoignages de huit Angolais d’Amiens recueillis par Christine Foucault.
-  Le chant des invisibles, poèmes de Jacqueline Held.
-  Le Destin du clandestin, théâtre (publication de la pièce du même nom de la compagnie Bou Saana)

Titres en projet
- La promenade des éloignés, de Gorky, texte d’un spectacle écrit à partir des témoignages de personnes qui sont passées par les centres de rétention. Nous avons le projet de faire venir ce spectacle en Picardie au premier trimestre 2011.
- Sélection de poèmes d’Antoine Cassar sur l’axe de l’accueil des identités.

Le Sarkositoire
Le « sarkositoire » de Jean Foucault est d’abord la lecture de textes sur la place publique (une fois par mois depuis janvier 2008). Une sélection des sarkositoires est publiée par les éditions Le Temps des cerises (Le sarkositoire, 12 €, dernier trimestre 2010) Les textes mis en ligne sont à retrouver ici
Une sélection de textes du sarkositoire peut faire l’objet d’une séance de lecture suivie d’un débat. La sélection tient compte du projet : public visé (adultes, lycéens, enfants) et contexte (tout public, journées professionnelles du travail social ou des militants de l’accueil)
Nouveauté 2011 : déambulation autour de textes de Cent mots pour Sans-papiers.

La France a vocation à accueillir

Une exposition poétique de 30 panneaux format 30×40. Le titre de l’exposition « La France a vocation à accueillir » est clairement destinée à prendre le contrepied des propos ministériels sur les personnes qui ont « vocation à quitter la France ».
Possibilité de rencontre-débat sur la question,en lien évidemment avec la démarche du sarkositoire.

Haïti Haïcris

Lecture et débat sur Haïti, à partir d’un recueil publié en ligne par un groupe d’écrivains du MUP, ministère universel des poésiens.
Ce groupe international d’écrivains se donne pour vocation d’intervenir en soutien aux causes des créateurs dont les visas ne sont pas accordés (par exemple par la France pour tous les pays du Sud ou de l’Est de l’Europe, ou par Israël envers les poètes palestiniens) et autres causes plus générales concernant la situation de la création dans le monde (emprisonnements, interventions d’Israël pour empêcher la présentation de la culture palestienne à Jérusalem Est, dans un centre culturel français, etc.)
Le MUP, dont deux des membres sont Haïtiens, a voulu réagir au séisme et réaliser une création collective dont Lignes d’écritures se fait le porte parole. _Intervention disponible à tout moment, en fonction des libertés du calendrier.
Dans le cadre du projet Les poètes n’hibernent pas, qui se déroule du 26 novembre 2010 au 20 février 2011, plusieurs rencontres animées par le groupe de lectrices à haute voix des bibliothèques de la Somme et l’exposition Jacmel d’alain Rivière à la médiathèque Antoine Chanut de Creil, en collaboration avec l’association Franco-haïtienne de solidarité et d’échanges culturels de cette ville.

Centre de ressources : « littérature et engagement »

Pôle ressources sur ce domaine nous proposons de tenir à disposition des choix de livres permettant d’aborder par la littérature fiction ou témoignage, les questions faisant l’objet de ce champ d’intervention.
Nous pourrons développer des partenariats avec les associations et municipalités travaillant sur ces thèmes et qui voudraient prendre contact avec des créateurs engagés dans ces domaines ou des personnes de Picardie, en situation de témoigner sur les problèmes évoqués.

Rencontres-formation sur « Littérature et engagement »

La rencontre dure de 1h30-2h (conférence-débat) à 6h (module formation) autour de la question de l’engagement en littérature.
Il s’agira de préciser quelques notions (qu’est ce que l’engagement pour un créateur ?) et d’inventorier le domaine de l’engagement en littérature aujourd’hui (avec remise d’une liste d’ouvrages). _Nous souhaitons montrer la présence permanente de l’engagement pour les créateurs d’aujourd’hui. Trop souvent lorsqu’on parle d’engagement la vision patrimoniale du monde littéraire ne permet d’aborder que : Zola (J’accuse) et, au mieux, la Résistance, la shoah, la guerre d’Algérie, la commémoration de l’abolition de l’esclavage.
Bien d’autres sujets contemporains mobilisent les écrivains !
Et cette mobilisation se fait avec des éclairages spécifiques. Ainsi nous pensons développer le lien entre la question des « sans papiers » aujourd’hui et la commémoration de l’abolition de l’esclavage qui doit être une occasion de nous interpeller dans les problématiques contemporaines et non de se souvenir simplement d’une époque heureusement révolue. Pour nous il est clair que les comportement actuels de l’Europe vis à vis de l’accueil ne sont possibles que parce qu’on a une image négative de l’Autre, sinon il nous serait impossible de développer certaines pratiques. Comme le dit le chanteur Sidibé on a mené les Africains enchaînés vers l’esclavages et aujourd’hui on les renvoie enchaînés vers leurs pays. Au nom de quoi se donne-t-on de tels droits ? Les écrivains dénoncent ces situations et ne se contentent pas de demi-mots.

Dans cette perspective nous pouvons intervenir en milieu scolaire (notamment collèges et lycées).

La place de l’Autre dans la langue

Il s’agit de prendre conscience de la présence de l’autre, incontournable, en toute langue.
Aucune langue n’existerait si elle n’avait pris, au cours de l’histoire, des mots aux autres langues, manifestation de la présence interculturelle continue sur tout territoire. Dans un domaine qui semble éloigné de ces préoccupations le mot « patate » par exemple marque la présence de la langue quechua, puisque le mot vient de « papa », mot quechua qui désigne toujours la pomme de terre dans les pays andins d’aujourd’hui.
Pour Edouard Glissant d’ailleurs toute langue est créole. Il y a seulement les créoles à vif comme ceux des Caraïbes et les créoles « fixés » comme les langues européennes. Quand on s’intéresse à la lexicographie on voit bien que la langue française ne tiendrait pas sans les emprunts à toutes les langues (pas seulement anglo-saxonne qui nous obnubile actuellement, mais germanique, gauloise, grecque et romaine bien sûr, tamoul, arabe, Indienne, russe, etc.)
Cette vision de la langue est un excellent outil d’ouverture à l’autre et à une citoyenneté intelligente. Plusieurs activités d’écritures peuvent permettre d’avancer en pratique sur cette question comme la constitution d’un « Lexik » de son quartier, de son territoire.

Aide aux réalisations des projets créatifs des étrangers demeurant en Picardie

(théâtre, poésie, audiovisuel)

Il s’agit ici de soutenir les personnes ou associations qui en Picardie souhaitent présenter leurs témoignages, mémoires, regard critique par le domaine artistique de la situation qu’ils vivent ou ont vécu.
Notre soutien doit leur permettre de faire connaître leurs œuvres sur le territoire de la Picardie. De leur donner tout au moins les éléments d’analyse et de lecture des modalités de fonctionnement et attente des réseaux dans lesquels il leur faudrait s’insérer.
Parmi les domaines où nous pensons pouvoir être utiles :
- domaine éditorial (avec notamment la collection Cent papiers des éditions Corps Puce)
- aide à la finalisation de spectacles légers
- soutien à diffusion en milieu public ou associatifs de productions audiovisuelles produites sur ces questions.

La promenade des renvoyés

Spectacle itinérant au premier trimestre 2011

Précisions sur ce spectacle, la période et les disponibilités : prendre contact avant le 30 juin 2010, si vous souhaitez être relais de cette manifestation.

Littérature et cinéma

Projet en cours d’élaboration avec le Festival International du Film d’Amiens.
La 30e édition du Festival aura lieu en 2010 du 12 au 21 novembre.
Nous profiterons de la présence de créateurs et des thématiques annuelles du Festival pour créer des rencontres entre écrivains et cinéma (notamment dans le cadre des sélections « le monde comme il va » ou « l’œil ouvert »).
Parmi les formes qui pourraient prendre ces interventions, dont nous discutons actuellement (février 2010) avec le directeur du Festival, Jean-Pierre Garcia :
- cafés littéraires, entre deux séances de films
- quelques minutes de lecture d’un texte à voix haute avant une séance, texte portant évidemment sur la thématique du film présenté (comme il se pratique des séances films-contes)
- démarche d’écriture avec les scolaires (le festival étant très impliqué auprès des jeunes de l’agglomération d’Amiens dans sa perspective)