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Je suis assis et j’écoute le silence

Je propose ici de partir d’un court texte extrait d’une œuvre de Bruno Schultz, car j’ai eu un coup de cœur en tombant sur ce paragraphe :

« Je suis assis et j’écoute le silence. La chambre est simplement blanchie à la chaux. Par-ci, par-là, une fissure, patte de mouche, éclate sur le plafond, parfois un pétale de crépi glisse avec un frôlement léger. »

(Bruno Schultz, extrait de la nouvelle « La solitude », dans le recueil Le sanatorium du croque-mort, Gallimard, coll. L’imaginaire éd. 2005 – 1ère édition française : Denoel 1974)

Je fais silence en moi. Je dis souvent « je vois mieux les yeux fermés » ou encore « j’entends mieux », quand je ferme les yeux.

Je propose donc ici de fermer les yeux et d’écouter le silence, comme Bruno Schultz.

N’y a t il pas bruits et rumeurs dans le silence ? On entends des choses auxquelles nous sommes indifférents en général.

L’oreille, l’écoute, un sens dont on dispose encore un peu mais qui tend à diminuer d’acuité. Nous sommes envahis de bruit. Bruits « normaux » de la ville (toujours une rumeur, un bruit de fond), mais aussi bruits auxquels nous ne résistons pas avec la puissance des appareils à diffuser la musique qui nous entourent. Et chez soi, quel bruit ?

Sachons faire sa part au silence. Et notons ce que nous observons, ce que nous entendons alors.

La littérature est un merveilleux outil de connaissance du monde qui nous entoure. De co-naissance avec lui. C’est avec cet appui que nous pouvons construire notre monde, en notre jardin imparfait.

N’ayons pas peur de nous appuyer sur le silence pour écrire un texte.